Histoire et patrimoine

Montpezat

  • Région : Occitanie
  • Département : Gard
  • Arrondissement : Nîmes
  • Canton : Calvisson
  • Intercommunalité : Communauté de communes du Pays de Sommières
  • Maire : Jean-Michel Andriuzzi (2020-2026)
  • Code postal : 30730 — Code commune : 30182
  • Population municipale : 1 424 habitants (2025) — Densité : 88 hab./km²
  • Altitude : min. 78 m, max. 193 m — Superficie : 11,98 km²

Géographie

Les communes de Combas, Saint-Mamert-du-Gard, Parignargues, Saint-Côme-et-Maruéjols et Souvignargues sont limitrophes de la commune de Montpezat. Montpezat est l’une des 79 communes membres du Schéma de cohérence territoriale (SCOT) du Sud du Gard et fait partie des 51 communes du PETR Vidourle-Camargue.

Histoire

Villa Alsatis en 994, Castrum Montispesati en 1156 et Montpesat en 1435 : la bulle d’Adrien IV du 10 décembre 1156 recense déjà le château de Montpezat parmi les possessions de l’évêque de Nîmes.

Au XIIe siècle, le village fut une place forte occupant une position stratégique sur les premiers contreforts des Cévennes ; son allure guerrière marque fortement le paysage. Comme beaucoup de communes de la région, Montpezat eut son lot de malheurs : durant les guerres de religion, vers 1570, les protestants des environs, attaqués par le maréchal de Damville, se réfugièrent dans l’enceinte du château, mais un assaut final eut lieu et tous les hommes y furent massacrés.

En 1851, la densité de population de Montpezat dépasse les 100 habitants/km². Au XVIIe siècle, les Hautes Cévennes sont plus peuplées que les plaines des Basses Cévennes, peut-être grâce à la présence du châtaignier dans les hauteurs. Dans les plaines plus basses, c’est le développement du mûrier dès le début du XVIIIe siècle qui a accompagné la croissance démographique commencée au XVIIe siècle.

Patrimoine

Église Saint-Sébastien

Le clocher de l’église est surmonté d’une flèche en pierre de style gothique. L’église du XIIe siècle fut détruite par les Huguenots de Montpezat, dont le châtelain était Jean Trémolet, acquis à leur cause. La prise de la place forte en 1573 signifia le retour au catholicisme. Faute d’église, le service religieux se faisait dans un coin de l’ancien chœur, exposé au vent et à la pluie.

En 1663, les châtelains édifièrent une chapelle dans le château et le culte s’y pratiqua jusqu’à la reconstruction de l’église en 1686, dont le clocher fut remonté en 1695. Un nouveau presbytère fut bâti sur les ruines de l’ancien en 1695. En 1771, les châtelains firent construire une petite chapelle adossée à l’église, qui abrita le caveau de famille. À la Révolution en 1790, l’église devint le Temple de la Raison et le presbytère, maison commune.

À l’intérieur, elle abrite depuis 1849 les reliques de Saint-Sébastien, reçues de Rome par l’entremise du curé de Quissac. Le tableau du saint, don du baron de Vignet, est l’œuvre du peintre Melchior Doze. D’après « La Paroisse de Saint-Sébastien », Raoul Jourdan.

Le Lavoir

Le lavoir du village, témoin de la vie quotidienne d’autrefois, est aujourd’hui l’un des éléments patrimoniaux à découvrir au fil des ruelles de Montpezat.

La porte Sud

La porte Sud est la seule à être conservée. Elle s’ouvre près du sommet de la rue Porte des Remparts. La côte étant particulièrement abrupte en cet endroit, on imagine que les charrettes ne devaient circuler qu’à vide. L’actuel escalier a été exécuté en 1996. La porte était protégée à droite par une petite tour ; elle a probablement été reconstruite en partie sur la base ancienne et fait corps avec une habitation. Cette entrée est couverte par un arc en pierre sur lequel sont conservées deux pierres inscrites, devenues illisibles.

Le Château (monument historique)

Époque de construction : XIVe et XVIe siècles. Il en est fait mention en 994 et 1119. Le château fut cédé à Saint-Louis en 1269 par l’évêque de Nîmes et, selon la tradition, le roi y résida. En 1521, il est vendu à Pierre Trémolet, médecin de François Ier. En 1569, les protestants s’en emparent. En 1789, il est incendié, mais le feu est éteint par les habitants du village ; les escaliers furent brisés et les appartements pillés.

Le château a conservé trois corps de bâtiment entourant une cour sur trois côtés. L’aile nord est percée, sur la cour, de deux larges arcades plein cintre et d’une petite porte du XVe siècle ; à l’étage, elle est percée de deux larges baies à croisées et meneaux. L’aile est se termine par une large tour carrée en partie ruinée, dont les baies à croisées et meneaux existent toujours. L’aile ouest se termine au sud par une importante tour ronde, flanquée d’une tourelle d’escalier polygonale portée par une trompe.

Propriété privée — protection MH 06/12/1949 — visite : fermé au public. Documentation Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, référence PA00103086 © Monuments historiques, 1992.

Découverte d’un puits, place des Platanes

Le 26 février 2024, au milieu de la place des Platanes, la pelle mécanique travaillant à la rénovation du réseau d’eau potable a accroché une voûte couvrant l’orifice d’un puits de forme ovale de 164 cm de grand axe, jamais vu, même des anciens. Au moment de sa découverte, il était quasiment plein d’eau et une sonde indiquait 5 m de profondeur, dont environ 1,50 m de vase. Après le pompage de 20 000 litres d’eau, le bon état des parois du puits a été constaté ; après la pluie de la fin de la même semaine, le niveau initial s’était déjà rétabli.

Pour préserver ce puits tout en garantissant la sécurité de la circulation, il a été décidé de consolider et de couvrir son orifice avec un solide dispositif en béton et fonte. Le promontoire sur lequel est établi Montpezat est composé d’une couche d’argile et de galets d’environ 1 m, puis d’un conglomérat gréseux de 4 à 8 m reposant sur de l’argile qui retient l’eau filtrée. Il est vital de conserver ces poches d’eau pour garder humide l’argile du terrain et alimenter les plantations d’arbres destinées à rafraîchir le village. Dans l’attente d’une étude plus approfondie, on peut proposer un abandon de son usage il y a environ deux siècles et un creusement probablement postérieur au démantèlement des remparts en 1573.

J.-C. Bessac, archéologue, chercheur au CNRS.

Sites naturels

La Garenne

Un vaste espace boisé couvre le flanc est de la colline. Il est aménagé avec des sentiers, des escaliers, des bancs, une table d’orientation et les deux tennis municipaux. Une garenne est un lieu boisé où vivent les lapins à l’état sauvage, et aussi un domaine de chasse réservé : la Garenne faisait partie du domaine seigneurial où l’on chassait notamment le lapin.